Le capital républicain

Olivier Faure

Editions l’aube
64 pages - 9€
Essai

Crise après crise, la reproduction sociale opère un tri implacable entre ceux qui peuvent faire des études, ceux qui réussissent, et les autres. Il en ressort un paradoxe antiredistributif : aux fortunés, les études longues et prestigieuses ; aux modestes, l'échec scolaire ou, dans le meilleur des cas, ­l'accès à des filières courtes. Comment remédier à cette injustice persistante en raison de l'origine sociale, à cette iniquité des chances à l'entrée de la vie active ? Comment sortir de cette situation qui conduit les moins aisés à financer les études des enfants les plus dotés ? En créant, nous propose Olivier Faure dans cet essai percutant et concret, un « capital républicain », sous forme de dotation universelle à la naissance indexée sur les études suivies et mobilisable tout au long de la vie par ceux qui ont quitté le système éducatif prématurément. Ainsi, chacune ou chacun, quels que soient son point de départ, son parcours et ses aspirations, pourra bénéficier d'un engagement, non pas identique, mais équivalent de la part de la puissance publique. Et de nouveau croire en la promesse républicaine.

Mon avis sur “Le capital républicain”

Dans le capital républicain, Olivier Faure, le chef du Parti Socialiste, nous explique son idée pour retrouver l’égalité des chances dans le secteur de l’éducation. Aujourd’hui les enfants de familles riches font de plus longues études que les enfants de familles pauvres : 23 % des enfants de cadre auront un bac +5 contre 5% des enfants d’ouvrier.
Les études étant financées par l’Etat, il faudrait selon lui rectifier cette différence de dépense par un chèque qu’on donnerait aux jeunes qui sortent du système scolaire avant BAC +2, contre une proposition de projet: par exemple, créer une entreprise ou financer le permis de conduire.

Si déjà vous vous dites que la mesure pousserait des élèves en difficulté à récupérer la somme au lieu de se battre pour se maintenir dans le système scolaire, attendez de voir les montants : 60 000 € si vous quittez l’école sans le brevet, 30 000 € si vous ne poursuivez pas les études après le bac.

Après lecture en détail, ce projet est selon moi complètement irréaliste et populiste. Olivier Faure ne prend en compte que les années d’études sans regarder la qualité du diplôme puisqu’à ses yeux les élèves sortant avec un BEP ou CAP reçoivent presque le même montant qu’un jeune sans diplôme. Et pour clôturer le tout, l’auteur nous donne des exemples de parcours fictifs pour nous convaincre de la validité de son projet. Page 41, Jade a 32 ans, elle est mère célibataire de deux enfants, elle a quitté l’école avant ses 16 ans. Après 15 ans de métier de caissière,  elle veut reprendre ses études et utilise son capital républicain pour faire une formation d’infirmière… Alors que Jade a quitté l’école en 4ème… Les élèves en étude d’infirmier rigoleront, moi j’ai rien à rajouter.